Mais, en ce moment, le tonnerre grondait encore, et Soliman-Aga, croyant peut-être que c'était une tentation du diable, quitta la table et se précipita dehors sans rien répondre.
L'Anglais, contrarié, s'écria:
—Eh bien, tant mieux! je la boirai tout seul, et j'en boirai encore une autre après!
Le lendemain matin, l'orage était apaisé; le garçon, en entrant dans la salle, trouva l'Anglais couché à demi sur la table, la tête reposant sur ses bras. On le secoua. Il était mort!
—Bismillah! s'écria le Turc.
C'est le mot qu'ils prononcent pour conjurer toute chose fatale.
L'Anglais était bien mort. Le père Charles regretta de ne pouvoir prier comme prêtre pour lui; mais certainement il pria en lui-même comme homme.
Étrange destinée! cet Anglais était un ancien capitaine de la compagnie des Indes, souffrant d'une maladie de cœur, et à qui l'on avait conseillé l'eau du Nil. Le vin ne lui a pas donné le temps d'arriver à l'eau.
Après tout, est-ce là un genre de mort bien malheureux?