[23] Pline, Hist. nat., XV, 51 et 103.

[24] Ausone, Mosella, 21, 25, etc.

[25] Martial, XIII, 54.

[26] Pline, Hist. nat., X, 22, 53.

[27] Annales de la Société Archéologique de Namur, t. XIV, p. 177, note, Cf. Pline, Hist. nat., XXXII, 6.

Une industrie assez active dans plusieurs centres utilisait un grand nombre de bras. L'État lui-même avait réparti sur le sol de la Belgique plusieurs de ses importantes manufactures. Un nombreux personnel féminin travaillait dans ses ateliers d'habillements militaires à Trèves, à Metz, à Reims et à Tournai. Des manufactures d'armes de luxe existaient à Reims et à Trèves, des fabriques de boucliers à Trèves et à Soissons, une fabrique d'épées à Reims, une fabrique de batistes à Trèves. Tout le monde sait l'importance que l'industrie textile avait prise dans les plaines de la Morinie et dans les régions voisines. Tous les Morins, dit Pline, faisaient de la toile à voile[28]. Pour la fabrication des étoffes, Arras et Tournai avaient une réputation de premier ordre, et habillaient une grande partie de l'Occident. L'industrie plastique était également cultivée par l'État et par les particuliers; on sait que les légions faisaient elles-mêmes leurs tuiles, et un grand nombre de fabricants envoyaient au loin les produits de leurs poteries sigillées. Les noms de quelques-uns de ces industriels nous ont été conservés; celui qui marque BRARIATUS était certainement un Belge, et probablement aussi celui dont les produits portent le sigle HAMSIT[29].

[28] Pline, Hist. nat., XIX, 8.

[29] Schuermans, Annales de la Société archéologique de Namur, t. X.

La vie intellectuelle ne paraît pas avoir été languissante. Le Nord avait comme le Sud ses écoles, avec ses professeurs de littérature grecque et latine, et ses professeurs d'éloquence, dont les constitutions impériales vinrent régler les traitements au quatrième siècle[30]. Celles de Trèves étaient une véritable université; elles comptaient parmi leurs maîtres des célébrités comme le panégyriste Claude Mamertin, et comme Harmonius, le commentateur d'Homère; Lactance y enseigna, et saint Ambroise y passa comme élève. Reims avait également une grande réputation, et le rhéteur Fronton ne craignait pas de la traiter d'Athènes gauloise[31]. Même des localités inférieures, comme Xanten, étaient dotées, dès le second siècle, d'une institution d'enseignement: détruite par un incendie, elle fut rebâtie par Marc-Aurèle et par Verus[32]. On est donc fondée à croire que les classes aisées recevaient une éducation intellectuelle assez soignée, et même que la population libre en général avait un certain degré d'instruction. Il n'y aurait pas dans toutes les localités tant d'inscriptions romaines, dues souvent à de petites gens, si elles n'avaient pas eu un bon nombre de lecteurs.

[31] Item Fronto ait: et illæ vestræ Athenæ Durocorthoro. Consentius dans Keil, Grammatici latini. V, p. 349.