À la danse, à la danse joyeuse! Comme mes pieds sont agiles! Comme la couronne retentit sur ma tête! Allons, abandonnez-vous au plaisir, chevaliers, et vous aussi, nobles suzeraines!

Voyez-vous, l'ami de mon coeur s'élancer avec grâces. Une étoile de pourpre orne sa poitrine couverte d'une tunique d'argent. De la joie!

Pourquoi restez-vous éloignés! Pourquoi ce sourire de mépris? Princes, princesses, il est mon époux, je suis son épouse; les anges du ciel nous ont fiancés.

Allons! à la danse, à la danse joyeuse! Pourquoi donc vous tenir éloignés? Pourquoi ce sourire de dédain? Fi! noble canaille! tes royales bassesses me révoltent!

D'où sont sortis le valet et le chevalier! de la boue. La noblesse est dans les sentiments. Mon époux est plus noble que vous, car son âme est au-dessus de vos stupides prétentions!

À la danse, à la danse joyeuse! Comme mes pieds sont agiles, comme la couronne retentit sur ma tête! Allons, de la joie! c'est aujourd'hui le jour des noces!»

Ainsi, elle chanta et dansa jusqu'à ce que la rosée de la mort couvrît son front et ses joues; alors elle tomba sur le parquet.

Et quand sa vie expirante se ranima pour la dernière fois, elle saisit le vase d'or, le serra sur sa poitrine et le découvrit.

Fumant et palpitant encore, comme s'il était sensible à son désespoir, le coeur de son amant parut à ses regards. Alors ses yeux laissèrent échapper un torrent de larmes amères.

«Oh! mortelle douleur, tu es semblable à l'eau et au vent! le vent s'enfuit, l'eau s'écoule, mais ils se renouvellent sans cesse; et toi, douleur, comme eux tu es éternelle.»