—Ah! scélérats! cria Michée, entouré également par des gens inconnus, ah! les neveux de sorcières! Ils nous ont trahis, les gredins!

—Qui va là? demanda une voix rude.

—Le fuseau de la grand'mère, répondit le plus jeune des nouveaux compagnons du prince.

—Dans le soulier du grand-père? dit la voix rude.

—Ne secouez pas les pommiers, laissez les épis pousser, c'est nous qui ferons la récolte, continua le compagnon du prince.

Les mains qui retenaient le boyard lâchèrent aussitôt prise et le cheval, rendu à la liberté, se remit à marcher au milieu des arbres.

—Tu vois, boyard, dit l'inconnu en s'approchant du prince, je t'avais bien dit qu'il était plus agréable de voyager à quatre qu'à deux. Maintenant nous allons seulement t'accompagner jusqu'au moulin; là nous te dirons adieu, tu y trouveras un gîte pour la nuit et de la nourriture pour les chevaux. Doloudof est à deux verstes tout au plus et de là on est bientôt à Moscou.

—Merci, camarade; si nous nous rencontrons une autre fois, je n'oublierai pas ce que je te dois.

—Ce n'est pas à toi, boyard, à te souvenir mais à nous. Il n'est pas probable que nous nous rencontrions jamais, mais si Dieu le permettait, n'oublie pas que l'homme russe se rappelle le bien qu'on lui a fait et que nous serons toujours tes fidèles serviteurs.

—Merci, enfant, mais ton nom, ne le diras-tu pas?