Maxime pâlit.
—Je suis donc plus criminel qu'un sacrilége et qu'un assassin, s'écria-t-il! Mon père, que faire? Enseigne-moi, convaincs-moi, mon âme se sépare en deux.
Le vieillard regardait le pénitent et s'étonnait de plus en plus. Le visage régulier de Maxime ne dénotait aucun trait vicieux ou coupable. C'était un de ces doux visages, pleins de franchise et de générosité, un de ces visages russes comme on en rencontre encore maintenant entre Moscou et le Volga, dans ces contrées éloignées des grandes routes où l'influence des villes n'a pas encore pénétré.
—Mon fils, reprit l'igoumène, je ne te crois pas, tu te calomnies. Je ne crois pas que ton cœur se soit détourné du Tzar. Cela ne peut pas être. Songes-y: le Tzar est plus que notre père, et le cinquième commandement nous ordonne d'honorer notre père. Dis-moi, mon fils, tu observes les commandements?
Maxime se taisait.
—Mon fils, tu honores ton père?
—Non, dit Maxime d'une voix sourde.
—Non! répéta l'igoumène, et, faisant un mouvement en arrière, il se signa. Tu n'aimes pas le Tzar! tu n'honores pas ton père! Mais qui es-tu donc?
—Je suis, répondit le jeune opritchnik, je suis Maxime Skouratof, le fils de Skouratof-Bielski.
—Le fils de Maliouta!