—Allons, allons, vieillard, n'aie pas peur, je plaisantais.
Le cavalier attacha son cheval à un arbre. Il était de haute taille et paraissait jeune. La lune jouait sur les boutons de son pourpoint; des cordons et des glands d'or s'agitaient sur ses épaules.
—Eh bien! prince, dit le meunier—as-tu appris les mots?
—J'ai appris les mots, et je porte un cœur d'hirondelle à mon cou.
—Et cela n'a rien fait?
—Non, répondit le prince avec chagrin—rien n'y fait. Il y a quelques jours, je l'ai vue dans le jardin, dès qu'elle m'a reconnu, elle est devenue pâle, m'a tourné le dos et s'est enfuie.
—Ne te fâche pas, boyard, ne tranche pas inutilement des têtes innocentes et permets-moi de te dire une parole.
—Parle.
—Écoute donc…, mais j'ai peur…
—Parle, répéta le prince en frappant du pied.