—A bas Persten! que le prince nous conduise!
—Que le prince nous conduise! que le prince nous conduise! s'écria-t-on de toutes parts.
Ces paroles roulèrent comme le tonnerre, de groupe en groupe; tous se levèrent, s'agitèrent et vinrent cerner la hutte où Sérébrany avait un entretien animé avec Persten.
—Tu as beau te fâcher, prince, lui disait l'ataman, je ne te lâcherai pas; je ne t'ai pas tiré de prison pour que tu ailles remettre ta tête sur le billot.
—Je suis maître de ma tête, lui répliquait le prince avec dépit. Il m'importait peu d'être tiré de prison pour être ici prisonnier.
—Prince, le temps est un grand maître. Le Tzar peut revenir sur ses décisions et s'en aller dans l'autre monde; on ne sait ce qui peut arriver; une fois le danger passé, tu iras où bon te semblera.—Que faire? ajouta-t-il, en voyant le mécontentement croissant de Sérébrany; il paraît qu'il est écrit que tu dois encore vivre. Tu es obstiné, prince, mais je le suis également: la faux a cette fois rencontré une pierre.
En ce moment les vociférations des brigands se firent entendre dans la cabane.
—A la Sloboda! à la Sloboda! hurlaient les gaillards de plus en plus animés.
—Lançons une oie rouge dans la Sloboda!
—Lançons-y tout un troupeau d'oies!