—Et moi, et moi, s'écrièrent un grand nombre.
—On dit de vous, reprit Sérébrany, que vous avez oublié Dieu, que vous n'avez ni âme ni conscience. Prouvez maintenant qu'on en a menti. Prouvez que, lorsqu'il s'agit de défendre la Russie et la foi, vous ne le cédez ni aux streltzi ni aux opritchniks!
—Nous les défendrons, répondirent les brigands d'une seule voix.
—Nous ne permettrons pas aux païens d'outrager la sainte Russie.
—Nous refoulerons les ennemis du Christ.
—Conduis-nous contre les Tatars, nous vengerons notre sainte foi.
—Enfants, dit le prince, lorsque nous aurons vaincu ces païens, le Tzar verra que nous valons ses opritchniks, il nous remettra nos fautes, il dira: «Je n'ai plus besoin d'opritchniks, j'ai sans eux de bons serviteurs.»
—Qu'il le dise, s'écrièrent les brigands, nous ne ménagerons pas nos têtes.
—Ce n'est pas de bon gré que je me suis fait pillard, aventura l'un d'eux.
—Ni moi non plus, dit son voisin.