Tous deux restèrent un moment silencieux. Tout était calme; la roue seule, éclairée par la lune, continuait à tourner. Quelque part, dans un marais, on entendait le cri du râle, et parfois la note plaintive du hibou arrivait des profondeurs de la forêt.

Le vieillard et le prince s'approchèrent du moulin.

—Regarde, prince, sous la roue et je vais prononcer le charme.

Le vieillard se coucha sur la terre et, encore tremblant de frayeur, il se mit à murmurer certains mots. Le prince regardait l'eau. Quelques minutes s'écoulèrent ainsi.

—Que vois-tu, prince?

—Je vois comme des perles qui tombent et des ducats d'or qui pétillent.

—Tu seras riche, plus riche qu'aucun autre en Russie.

Viazemski soupira.

—Regarde encore, prince, que vois-tu?

—Je vois comme des sabres se heurter et entre eux une espèce de collier d'or.