—Vieillard! reprit tout à coup Viazemski en le saisissant à la gorge, donne-la moi! tu entends? donne-la moi, donne-la moi, maudit! donne-la à l'instant!

Et il secouait violemment le vieillard qui crut sa dernière heure venue.

Tout à coup Viazemski le lâcha et tomba à ses genoux.

—Prends pitié de moi! dit-il en sanglotant: guéris-moi! je te donnerai ce que tu voudras, je te couvrirai d'or, je me lierai à toi; prends pitié de moi, vieillard.

Le meunier s'épouvanta encore davantage.

—Prince, Boyard! que fais-tu donc? reviens à toi! c'est moi, David, le meunier! reviens à toi, prince!

—Je ne me relèverai pas que tu ne m'aies guéri.

—Prince! prince! disait d'une voix tremblante le meunier, il est l'heure, le temps passe, relève-toi! il fait nuit, je ne te vois plus, je ne sais pas où tu es; vite, vite à l'œuvre.

Le prince se leva.

—Commence, dit-il, je suis prêt.