—Il y a la tête d'Adam qui se récolte dans les marais; elle amène les cadeaux. Il y a l'herbe bleue des marais; quand tu vas à la chasse, bois-en une décoction et aucun ours ne te touchera. Il y a la rhubarbe; quand on la tire de terre, elle gémit comme un enfant; en la portant à son cou, on ne se noie jamais.

—Et c'est tout?

—Il y a encore la fougère; celui qui a le bonheur d'en cueillir la fleur, deviendra le maître de tous les trésors,—la Jean et Marie; celui qui l'a trouvée peut monter la première rosse venue et battre le meilleur cheval.

—Et une herbe qui fasse aimer, n'en connais-tu pas?

Le meunier resta un moment silencieux.

—Je n'en connais pas, petit père, ne te fâche pas, Dieu m'est témoin que je n'en connais pas.

—Et une herbe qui fasse cesser d'aimer, en connais-tu?

—Je n'en connais pas non plus, prince, mais il y a l'herbe qui brise; quand on la met en contact avec des murailles ou une porte de fer, elle fait tout éclater.

—Finis avec tes herbes! dit avec impatience Viazemski, et il fixa son regard sombre sur le meunier.

Le meunier baissa la tête et se tut.