—Je ne puis, dit Sérébrany.
Michée secoua de nouveau la tête et lui amena un de ses chevaux.
—Prends celui-ci, dit-il, le tien est tout couvert d'écume.
Et ils prirent en silence le chemin du monastère. La route suivait la forêt. Les cavaliers entendirent bientôt le bruit de l'eau et aperçurent un ruisseau qui se frayait un chemin à travers les roseaux.
—Reconnais-tu cet endroit? demanda tristement Michée. Sérébrany leva la tête et vit les traces d'un récent incendie. Çà et là, la terre venait d'être profondément remuée: des restes de maison, une roue brisée indiquaient qu'un moulin avait dû exister à cette place.
—Lorsqu'ils ont arrêté le sorcier, dit Michée, ils ont détruit sa tanière. Ils espéraient y découvrir un trésor.
Sérébrany jeta un regard indifférent sur ces ruines et tout deux poursuivirent leur route en silence. Au bout de quelques heures de marche, la forêt devint plus claire. Une enceinte blanche se montra à travers les arbres et le monastère apparut au milieu d'une prairie. A l'encontre des bâtiments de ce genre, il n'était pas bâti sur une éminence. De ses fenêtres étroites et grillées, on n'apercevait pas de vastes dépendances: le regard ne rencontrait partout que des troncs de sapins et leur sombre verdure enlaçait les murs de la maison; les environs étaient tristes et déserts, la communauté semblait pauvre.
Les deux cavaliers descendirent de cheval et frappèrent à la porte. Au bout de quelques minutes, on entendit le bruit d'un trousseau de clefs.
—Gloire à Notre-Seigneur Jésus-Christ! dit Michée à voix basse.
—Dans tous les siècles des siècles, répondit la sœur portière en ouvrant un judas. Que demandez-vous?