—Eh! bonnes gens, honorables seigneurs! cria Michée en s'approchant d'un groupe,—où réside le boyard Droujina Morozof?
—Et pourquoi veux-tu savoir où niche ce chien?
—Mon maître, le prince Sérébrany, a une lettre à lui remettre du voiévode[6] Pronski, de la grande armée.
[6] Gouverneur de province.
—Donne ta lettre.
—Que dis-tu, que dis-tu là, neveu d'une…? Es-tu fou? comment veux-tu qu'on te donne une lettre du prince?
—Donne ta lettre, vieux chat-huant, donne-la! Nous verrons si par hasard ce Morozof n'est pas un traître.
—Comment, coquin! s'écria Michée, oubliant la prudence avec laquelle il avait entamé la conversation, te figures-tu que mon maître puisse être en relation avec des traîtres?
—Ah! tu dis des injures! camarades, jetons-le à bas de cheval et donnons-lui le fouet.
En ce moment Sérébrany s'avança vers les opritchniks.