—Sire, dit-il, n'écoute pas le boyard. Parce que je suis d'une condition humble, il va déverser le mépris sur moi et tu ne sauras pas la vérité, mais donne l'ordre d'interroger mes compagnons, ou, si tu le veux, permets que nous nous rencontrions en champ clos et alors tu verras qui a raison.
Sérébrany jeta sur Khomiak un regard dédaigneux.
—Sire, dit-il, je ne désavoue pas ce que j'ai fait. J'ai attaqué cet homme, je l'ai fait fouetter, lui et ses compagnons, parce qu'il voulait tuer…
—Assez! dit sévèrement Ivan Vasiliévitch. Réponds à mes questions. Quand tu les as attaqués, savais-tu que c'étaient mes opritchniks?
—Je ne le savais pas.
—Et quand tu as voulu les pendre, ne te l'ont-ils pas dit?
—Ils l'ont dit, sire.
—Et pourquoi as-tu changé d'avis?
—Afin que, sire, tes juges les interrogeassent.
—Pourquoi donc ne les as-tu pas livrés à mes juges tout d'abord?