Plus loin, deux jeunes garçons s'échangeaient des coups de poing sur la tête. Le jeu consistait en ceci: qui des deux demandera le premier quartier; et ni l'un ni l'autre ne voulaient céder. Déjà les deux adversaires étaient rouges comme deux betteraves, mais les poings vigoureux ne cessaient de pleuvoir sur les têtes comme des marteaux sur une enclume.
—Eh! n'en as-tu pas bientôt assez, Khlopko? demanda celui qui paraissait le plus faible.
—Pas du tout, frère Andriouchka! je te le dirai. Mais toi, tu ne me parais pas à ton aise.
Et les poings continuaient à cogner.
—Regardez, frères, voilà Andriouchka qui va se rendre, dirent les spectateurs.
—Non, il ne se rendra pas! répondirent les autres, pourquoi? il n'a encore pas de mal.
—Tu vas voir, il se rendra.
Mais Andriouchka ne voulait pas se rendre. Il usa de ruse et, au lieu de frapper son adversaire sur le sommet de la tête, il lui asséna un coup de poing sur la tempe.
Khlopko tomba.
Quelques spectateurs rirent aux éclats, mais la plupart firent paraître de l'indignation.