—Le jeune homme leva la tête, ouvrit la bouche et ne dit pas un mot.—Sa figure parut plaisante aux brigands.
—Écoute donc, on te parle! dit l'un d'eux en lui donnant un coup de poing sur le ventre.
Le jeune homme ne répondit pas. Le brigand frappa plus fort. Le jeune homme le regarda d'un air si stupide que tous recommencèrent à rire. Plusieurs s'approchèrent et lui donnèrent successivement chacun un coup. Le pauvre diable ne savait s'il devait se fâcher ou rire. Mais un coup plus fort que les autres le fit sortir de son sang-froid apathique.
—Faites attention! Si vous me faites mal, je vais me fâcher.
Les brigands rirent de plus belle. Le jeune homme paraissait vouloir se fâcher, mais la paresse et l'apathie naturelle étaient plus fortes que la colère. Il ne voulait pas se mettre en mouvement pour des bagatelles et jusqu'ici rien ne lui paraissait grave.
—Fâche-toi donc, animal! disaient les brigands. Pourquoi ne te fâches-tu pas?
—Pas encore; allez!
—Voyez quel gourmand! attrape.
—Allez, plus fort!
—Voilà.