Levine descendit de cheval, attacha l'animal près de la route, et s'approcha de Tite, qui alla aussitôt prendre une faux cachée derrière un buisson, et la lui présenta.

«Elle est prête, Barine, c'est un rasoir, elle fauche toute seule», dit
Tite, ôtant son bonnet en souriant.

Levine prit la faux. Les faucheurs, après avoir fini leur ligne, retournaient sur la route; ils étaient couverts de sueur, mais gais et de bonne humeur, et saluaient tous le maître en souriant. Personne n'osa ouvrir la bouche avant qu'un grand vieillard sans barbe, vêtu d'une jaquette en peau de mouton, lui adressât le premier la parole:

«Attention, Barine, quand on commence une besogne, il faut la terminer! dit-il, et Levine entendit un rire étouffé parmi les faucheurs.

«Je tâcherai de ne pas me laisser dépasser, répondit-il en se plaçant derrière Tite.

—Attention,» répéta le vieux.

Tite lui ayant fait place, il emboîta le pas derrière lui. L'herbe était courte et dure; Levine n'avait pas fauché depuis longtemps, et, troublé par les regards fixés sur lui, il débuta mal, quoiqu'il maniât vigoureusement la faux.

Deux voix derrière lui disaient:

«Mal emmanché, il tient la faux trop haut: regarde comme il se courbe.

—Appuie davantage le talon.