«Permettez-moi, messieurs, de vous présenter l'un à l'autre, dit la princesse en indiquant du geste Levine.—Constantin-Dmitritch Levine, le comte Alexis-Kirilovitch Wronsky.»

Wronsky se leva et alla serrer amicalement la main de Levine.

«Je devais, à ce qu'il me semble, dîner avec vous cet hiver, lui dit-il avec un sourire franc et ouvert; mais vous êtes parti inopinément pour la campagne.

—Constantin-Dmitritch méprise et fuit la ville et ses habitants, dit la comtesse.

—Je suppose que mes paroles vous impressionnent vivement, puisque vous vous en souvenez si bien,» dit Levine, et, s'apercevant qu'il se répétait, il rougit.

Wronsky regarda Levine et la comtesse, et sourit.

«Alors, vous habitez toujours la campagne? demanda-t-il. Ce doit être triste en hiver?

—Pas quand on y a de l'occupation; d'ailleurs on ne s'ennuie pas tout seul, répondit Levine d'un ton bourru.

—J'aime la campagne, dit Wronsky en remarquant le ton de Levine sans le laisser paraître.

—Mais vous ne consentiriez pas à y vivre toujours, j'espère? demanda la comtesse.