Et il se mit à pleurer.

Anna Mikhaïlovna ne tarda pas à paraître à son tour; elle s'approcha de Pierre à pas lents et mesurés.

«Pierre!» murmura-t-elle.

Il la regarda pendant qu'elle le baisait au front, les yeux mouillés de larmes:

«Il n'est plus!...»

Pierre continuait à la regarder par-dessus ses lunettes.

«Allons, je vous reconduirai, tâchez de pleurer... rien ne soulage comme les larmes!»

Elle le fit passer dans une salle obscure. En y entrant, Pierre éprouva la satisfaction intime de n'y être plus un objet de curiosité. Anna Mikhaïlovna l'y laissa un moment, et, quand elle revint le chercher, elle le trouva profondément endormi, la tête appuyée sur sa main.

Le lendemain, elle lui dit:

«Oui, mon cher ami, c'est une grande perte pour nous tous. Je ne parle pas de vous. Dieu vous soutiendra, vous êtes jeune, vous serez à la tête d'une fortune colossale. Le testament n'a pas encore été ouvert, mais je vous connais assez pour être sûre que cela ne vous tournera pas la tête; seulement vous aurez de nouveaux devoirs à remplir, il faut être homme!»