Koutouzow se détourna et se dirigea vers sa calèche d'un air maussade. Ces phrases banales, toujours les mêmes, l'ennuyaient et le fatiguaient:
«À quoi bon, pensait-il, y répondre par un même refrain? à quoi bon ces vieilles et éternelles redites?»
Le régiment se fractionna en compagnies, et se mit en marche pour aller près de Braunau occuper ses logements, s'y équiper, s'y chausser et s'y reposer.
«Vous ne m'en voulez pas, n'est-ce pas, Prokhore Ignatovitch?...» dit le chef de régiment en s'adressant au capitaine, après avoir dépassé à cheval la troisième compagnie.
Son visage exprimait la satisfaction sans bornes que lui causait l'inspection si heureusement terminée:
«Le service de l'Empereur, vous savez?... Et puis on craint de se couvrir de honte devant le régiment: je suis toujours le premier à offrir des excuses... et il lui tendit la main.
—De grâce, général, oserai-je penser que...»
Et tandis que le nez du capitaine s'empourprait de joie, sa bouche, se fendant jusqu'aux oreilles en un large sourire, laissa voir ses dents ébréchées, dont les deux incisives avaient été perdues sans retour à l'assaut d'Ismaïl:
«Dites également à M. Dologhow que je ne l'oublierai pas, qu'il soit tranquille.... Comment se conduit-il, à propos?
—Il est très exact à son devoir, Excellence, mais son caractère....