—Comment, son caractère?

—Cela lui prend par accès, Excellence; il y a des jours où il est bon, intelligent, instruit, et puis d'autres moments où c'est une bête féroce. N'a-t-il pas failli, tout dernièrement, assommer un juif en Pologne... vous le savez bien?...

—Oui, oui, repartit le chef de régiment, mais il est à plaindre... il est malheureux... il a de hautes protections, ainsi vous ferez bien de....

—Parfaitement, Excellence, et le sourire du capitaine disait assez qu'il avait compris l'intention de son supérieur.

—Les épaulettes à la première affaire! s'écria le général, en jetant ces paroles à Dologhow, au moment où celui-ci passait. Dologhow se retourna en silence, et sourit d'un air railleur.

—Bien, très bien! continua le chef à haute voix pour se faire entendre des soldats: je donne de l'eau-de-vie à tout le monde et je remercie chacun de vous.... Dieu soit loué!»

Et il s'approcha d'une autre compagnie.

«C'est un brave homme: après tout, on peut servir sous ses ordres, dit le capitaine en s'adressant à son officier subalterne.

—En un mot, «le roi de cœur»! lui répliqua l'officier subalterne, et il riait en appliquant au général le sobriquet qu'on lui avait donné.

La joyeuse disposition d'humeur des officiers, causée par l'heureuse issue de la revue, avait vite fait son chemin parmi les soldats. Ils marchaient gaiement, tout en causant: