Le vieux prince s'assit à sa place habituelle dans le coin du canapé, et, après avoir offert un fauteuil au prince Basile, il l'entreprit sur la politique et les nouvelles du jour; sans cesser de paraître l'écouter avec attention, il ne perdait pas de vue sa fille.

«Ah! c'est ce qu'on écrit de Potsdam.»

Et, répétant les dernières paroles de son interlocuteur, il se leva et s'approcha d'elle:

«Est-ce pour les visiteurs que tu t'es ainsi parée? belle, très belle, ma foi! une nouvelle coiffure à leur intention!... Eh bien, alors je te défends, devant eux, de jamais te permettre à l'avenir de te pomponner sans mon autorisation.

—C'est moi, mon père, qui suis la coupable, dit la petite princesse en s'interposant.

—Vous avez, madame, tous les droits possibles de vous parer à votre guise, lui répondit-il en lui faisant un profond salut, mais elle n'a pas besoin de se défigurer: elle est assez laide comme cela!...»

Et il se rassit à sa place, sans s'occuper davantage de la princesse Marie, qui était prête à pleurer.

«Je trouve au contraire que cette coiffure va fort bien à la princesse, dit le prince Basile.

—Eh bien, dis donc, mon jeune prince... comment t'appelle-t-on? Viens ici, causons et faisons connaissance.

—C'est maintenant que la farce va commencer, se dit Anatole en s'asseyant à côté de lui.