—Laisse-moi donc tranquille, tu ne sais ce que tu dis... tu n'as fait qu'attendre, et voilà ce qui en est résulté, dit-il tout bas avec aigreur.
—Mon ami, attends, je t'en prie, il s'est endormi.»
Le prince André se leva et s'arrêta indécis, la potion à la main. «Vaudrait-il vraiment mieux attendre? dit-il.
—Fais comme tu voudras, André, mais je crois que cela vaudrait mieux,» répondit sa sœur, un peu embarrassée de la légère concession que lui faisait son frère.
C'était la seconde nuit qu'ils veillaient l'enfant, malade d'une forte fièvre. Leur confiance dans le médecin habituel de la maison étant fort limitée, ils en avaient envoyé chercher un autre à la ville voisine et essayaient, en l'attendant, différents remèdes. Fatigués, énervés et inquiets, leurs préoccupations se trahissaient par une irritation involontaire.
«Pétroucha vous attend,» reprit la fille de chambre.
Il sortit pour recevoir les instructions verbales que son père lui faisait transmettre, et rentra avec des lettres et des papiers.
«Eh bien?
—C'est toujours la même chose, mais prends patience: Carl Ivanitch assure que le sommeil est un signe de guérison.»
Le prince André s'approcha de l'enfant et constata qu'il avait la peau brûlante.