—Moi? voilà qui est étrange.... Je pars parce que tout le monde s'en va, et puis je ne suis ni une Jeanne d'Arc ni une amazone!
—Si le comte Rostow, reprit le milicien, sait s'arranger, il pourra liquider toutes ses dettes.... C'est un brave homme, mais un pauvre sire.... Qu'est-ce qui les retient ici si longtemps? Je les croyais partis pour la campagne.
—Nathalie s'est complètement remise, n'est-il pas vrai? demanda Julie en s'adressant à Pierre avec un malicieux sourire.
—Ils attendent leur fils cadet, qui est entré au service comme cosaque, et qui a été envoyé à Biélaïa-Tserkow; on l'a maintenant inscrit dans mon régiment.... Le comte serait parti malgré cela, mais la comtesse n'y consent pas avant d'avoir revu son fils.
—Je les ai rencontrés, il y a trois jours, chez les Arharow. Nathalie est fort embellie et de très bonne humeur, reprit Julie.... Elle a chanté une romance.... Comme tout s'efface vite chez certaines personnes!
—Qu'est-ce qui s'efface?» demanda Pierre, dépité.
Julie sourit.
«Vous savez fort bien, comte, que les chevaliers comme vous ne se rencontrent que dans les romans de Mme de Souza.
—Quels chevaliers? je ne comprends pas, dit Pierre en rougissant.
—Oh! oh! comte, ne me dites pas cela, tout Moscou connaît l'histoire; je vous admire, ma parole d'honneur!