«Votre proposition, commença-t-elle d'un ton grave et avec embarras... votre proposition... nous est agréable, et je l'accepte: j'en suis charmée, et mon mari aussi, je l'espère; mais c'est elle, elle seule qui doit décider.

—Je lui parlerai lorsque vous l'aurez acceptée... puis-je compter...?

—Oui!» et la comtesse lui tendit la main.

Pendant qu'il s'inclinait pour la baiser, elle appliqua ses lèvres sur son front avec un mélange d'affection et d'appréhension; bien qu'elle fût prête à l'aimer comme un fils, cet étranger lui inspirait pourtant une certaine crainte.

«Mon mari fera comme moi, mais votre père? dit-elle.

—Mon père, auquel j'ai fait part de mon projet, a exigé pour condition à son consentement que le mariage n'eût lieu que dans un an. C'est ce que je tenais à vous dire.

—Il est vrai que Natacha est bien jeune; mais un an d'attente, c'est un peu long!

—Impossible autrement, reprit le prince André avec un soupir.

—Je vais vous l'envoyer,» et la comtesse quitta le salon. «Seigneur, Seigneur, ayez pitié de nous,» répétait-elle en cherchant sa fille. Sonia lui dit qu'elle s'était retirée dans sa chambre. Natacha, assise sur son lit, pâle, les yeux secs et fixés sur les images, se signait rapidement et murmurait une prière. À la vue de sa mère, elle s'élança à son cou:

«Eh bien, maman, qu'y a-t-il?