La plus grande partie des malheurs des gens provient de ce que les hommes—pécheurs—se sont reconnu le droit de punir.

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La preuve la plus éclatante de ce que sous le nom de «science» on entend souvent des choses insignifiantes, voire monstrueuses, est dans l'existence d'une science de punitions, c'est-à-dire visant l'acte le plus grossier qu'un homme puisse commettre.


II.—Superstition de l'efficacité de la vengeance.

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De même qu'il existe des superstitions d'idolâtrie, de présages, de culte extérieur, etc., il existe chez les hommes une superstition universelle en vertu de laquelle les uns peuvent contraindre les autres à mener une bonne vie. Les premières superstitions commencent à disparaître ou ont disparu, mais celle qui fait croire à la possibilité de rendre les hommes heureux par le châtiment des mauvais, continue à être reconnue de tous, et l'on commet en son nom les plus grands crimes.

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«Alors les scribes et les pharisiens Lui amenèrent une femme surprise en adultère et, l'ayant placée au milieu d'eux, Lui dirent: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Or, Moïse nous a ordonné dans sa loi, de lapider de telles femmes. Et toi, qu'en dis-tu? Ils disaient cela pour L'éprouver, afin de pouvoir L'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, se mit à écrire de son doigt sur le sable. Et comme ils continuaient à L'interroger, Il se releva et leur dit;—Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre. Et s'étant de nouveau baissé il se remit à écrire sur le sable. Quand ils entendirent cela, dénoncés par leur conscience, ils se retirèrent l'un après l'autre, en commençant par les plus notables jusqu'aux derniers, et Jésus lut laissé seul avec la femme. Alors Jésus s'étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit:—Femme, où sont tes accusateurs? Personne ne t'a-t-il condamnée? Elle dit: Personne, Seigneur; Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus; va et ne pèche plus.»

JEAN VIII, 3-11.