3
Les hommes font du mal par méchanceté pour se venger d'une offense, par une fausse notion des moyens de se protéger; puis, afin de se justifier, ils persuadent les autres et eux-mêmes qu'ils agissent ainsi afin de corriger celui qui leur a fait du mal.
4
Un certain ordre subsiste dans notre société, non pas parce qu'on inflige des punitions à ceux qui troublent cet ordre, mais parce que, malgré la mauvaise influence de ces châtiments, les hommes s'aiment et ont pitié quand même les uns des autres.
5
Le châtiment est nuisible, moins parce qu'il irrite celui qu'on punit, que parce qu'il déprave celui qui punit.
III.—La vengeance dans les rapports individuels.
1
Punir un homme pour ses mauvaises actions revient au même que de chauffer le feu. Tout homme qui a fait le mal est déjà puni, parce qu'il est privé de tranquillité, est tourmenté par sa conscience. Mais si sa conscience ne le tourmente pas, toutes les punitions que les hommes peuvent lui infliger ne le corrigeront pas, mais ne feront que l'irriter davantage.