«Il dit: «C'est bien, jeune homme, venez à ma fabrique de cordes: je vous donnerai du travail, des vêtements, de l'argent, et vous vivrez chez moi.»

«Et je dis: «Bien!»

«Arrivés à la fabrique de cordes, ce brave homme dit à son épouse: «Voici un jeune homme qui s'est battu pour sa patrie et qui s'est sauvé de prison; il n'a ni abri, ni vêtements, ni pain. Il vivra chez moi. Donne-lui du linge propre et sers-lui à manger.»


«QUI VIVE?» RÉPÉTA LA SENTINELLE.


«Je suis resté un an et demi dans cette fabrique, et mon maître avait tant d'affection pour moi, qu'il ne voulait plus que nous nous séparions. Mais ce n'était pas pour finir mes jours chez des étrangers, loin de mon pays, que je m'étais évadé des mains des Français. Je m'arrachai à ce bien-être, et, un soir, quand tout le monde fut couché, j'écrivis une lettre à mon patron, où je lui avouais les angoisses de mon esprit et le remerciais de ses bontés. Je posai cette lettre sur la table de ma chambre; je rassemblai mes vêtements, je pris trois thalers en argent, et je sortis sans bruit dans la rue.

«Personne ne me vit, et je pus suivre tranquillement la grande route.»