«Je n'avais pas vu ma mère depuis neuf ans, et je ne savais pas si elle était encore vivante. Je retournai dans mon pays. Quand je me trouvai de nouveau dans ma terre natale, je demandai où demeurait Gustave Mauer, fermier chez le comte de Sommerblatt.

«Et l'on me répondit: «Le comte de Sommerblatt est mort, et Gustave Mauer habite la grand'rue, où il tient une échoppe de liqueurs.»

«Je revêtis mon gilet neuf, ma belle redingote,—un cadeau du fabricant de cordes,—je lissai soigneusement mes cheveux et je me rendis à l'échoppe de mon père. Ma sœur Mariechen était dans la boutique et me demanda ce que je désirais.

«Puis-je boire un petit verre de liqueur? répondis-je.

«—Père! cria-t-elle, voici un jeune homme qui demande un petit verre de liqueur.

«Mon père dit alors:

«Donne au jeune homme un petit verre de liqueur.

«Je m'assis à une table, je bus mon petit verre, je fumai ma pipe et j'observai mon père, Mariechen et mon frère Johann, qui entra aussi dans la boutique.

«Dans le cours de la conversation, mon père me dit:

«—Jeune homme, ne savez-vous pas où se trouve actuellement notre armée?