«—Je reviens moi-même de l'armée, répondis-je; dans ce moment elle est près de Vienne.

«—Notre fils, dit alors mon père, était soldat, et voici déjà neuf ans qu'il ne nous a écrit, et nous ne savons pas s'il est mort ou s'il vit encore. Ma femme ne cesse de le pleurer.

«Je continuai de fumer ma pipe et je dis:

«—Comment s'appelait votre fils et dans quel régiment a-t-il servi? je le connais peut-être.

«—On l'appelait Karl Mauer et il servait dans les chasseurs autrichiens, répondit mon père.

«—Il est de grande taille, un bel homme comme vous! ajouta ma petite Mariechen.

«—Je connais votre Karl, leur dis-je alors.

«—Amalia! s'écria soudain mon père, venez, il y a ici un jeune homme qui connaît notre Karl.

«Et ma mère accourut de l'autre chambre. Je la reconnus au premier coup d'œil.

«—Vous connaissez notre Karl? demanda-t-elle en me regardant toute pâle et tremblante....