J'aime à répéter clairement et distinctement une leçon que j'ai apprise avec soin. Je me prépare pour la faculté des mathématiques, et, à vrai dire, ce choix a été déterminé par le prestige des termes: sinus, tangente, calcul différentiel, calcul intégral, etc., etc., qui exercent sur moi une attraction toute particulière.

Je suis beaucoup plus petit que Volodia, j'ai les épaules larges, beaucoup de muscles, mais je suis aussi laid que par le passé, ce qui me chagrine toujours autant.

Je pose pour l'original. Une seule chose me console, c'est que papa a dit un jour de moi: «Il a un museau intelligent!» Et je n'en doute pas.

Saint-Jérôme est content de moi; il me donne des éloges, et je ne le déteste plus; même lorsqu'il me dit: «qu'avec mon talent, mon esprit, il est honteux de ne pas faire ceci ou cela». Il me semble que je l'aime maintenant.

D'une manière générale, je commence à me corriger de mes défauts d'adolescent, à l'exception d'un seul, le plus grand, celui qui doit me procurer encore bien des ennuis dans cette vie, l'amour de raisonner.

Dans la société des amis de Volodia, je jouais un rôle insignifiant, qui froissait beaucoup mon amour-propre; cependant j'aimais à me tenir dans sa chambre lorsqu'il avait du monde, et à observer, sans mot dire, tout ce qui se passait.

Il recevait souvent l'adjudant Doubkof et un étudiant, le prince Neklioudof.

Doubkof n'était plus de la première jeunesse; c'était un petit homme brun, musculeux, les jambes un peu courtes, mais en somme pas trop mal bâti et toujours très gai.

C'était un de ces hommes un peu bornés, qui sont agréables en société pour cette raison; ils ne sont pas capables d'embrasser une question sous toutes ses faces, ils ne voient qu'un côté et s'enflamment facilement.

Leurs jugements sont toujours exclusifs et faux, mais toujours sincères et enthousiastes.