Et, comme elle tenait cet argument pour irréfutable, grand'mère ajouta comme conclusion:

«D'ailleurs chacun est libre d'avoir ses idées à ce sujet.»

La princesse ne répondit pas, mais sourit avec condescendance; elle témoignait ainsi qu'elle excusait ces étranges préjugés chez une personne qu'elle respectait profondément.

«Mais laissez-moi faire la connaissance de vos jeunes gens,» ajouta-t-elle, en nous regardant avec un sourire affable.

Mon frère et moi, nous nous levâmes sans savoir comment nous pouvions montrer que nous avions fait connaissance.

«Baisez la main de la princesse, nous dit mon père.

—Aimez votre vieille tante, reprit-elle en baisant Volodia sur les cheveux:—Quoique je sois pour vous une cousine éloignée, je compte d'après les liens du cœur et non d'après ceux de la parenté....» continua-t-elle en s'adressant particulièrement à grand'mère. Mais grand'mère était toujours mécontente, et elle répondit:

«Ah! ma chère, qui de nos jours tient compte d'une telle parenté?

«Celui-ci sera un homme du monde, dit mon père en indiquant Volodia; et celui-ci, un poète, continua-t-il en me désignant, tandis que, tout en baisant la petite main sèche de la princesse, je voyais distinctement dans cette main une verge, sous la verge un banc et sur le banc ... ainsi de suite.

—Lequel sera poète? demanda-t-elle en me retenant par la main.