Je commençais à remarquer que les prêtres de notre culte n'étaient pas tous d'accord entre eux.
Les uns disaient:
—Nous, nous enseignons ce qu'il faut, et les autres n'enseignent pas le vrai.
Et ils discutaient, se querellaient, se grondaient, se trompaient, s'abusaient les uns les autres.
Il y avait, en outre, beaucoup d'hommes parmi nous qui ne se souciaient même pas de savoir qui avait raison et qui avait tort, ne poursuivant qu'un but, celui de profiter de notre activité.
Force me fut de douter de la vérité de notre croyance.
Or, ayant douté de la vérité de cette religion littéraire, je commençai à observer plus attentivement ses prêtres, et je me convainquis que presque tous étaient des hommes immoraux et, pour la plupart, des hommes mauvais, insignifiants, d'un caractère beaucoup plus bas que celui des hommes que j'avais rencontrés dans ma vie militaire et débauchée.
C'étaient des hommes contents d'eux-mêmes, comme ne peuvent l'être que les saints ou ceux qui ne savent même pas ce que c'est que la sainteté.
Je me dégoûtai des hommes, je me dégoûtai de moi-même et je compris que cette croyance était une supercherie.