La vérité est que la vie est un non-sens.
J'avais vécu, travaillé, marché en avant et j'étais arrivé à un abîme, et il n'y avait rien devant moi excepté la ruine.
Et cependant je ne pouvais ni m'arrêter, ni revenir sur mes pas, ni fermer les yeux pour ne pas voir qu'en dehors des souffrances et de la mort absolue, c'était le vide, l'anéantissement complet.
Il arriva que moi, homme bien portant et heureux, je sentis que je ne pouvais plus vivre.
Une invincible force m'entraînait à me débarrasser de la vie d'une manière ou d'une autre.
On ne peut pas dire que je voulusse me tuer.
La force qui m'entraînait hors de la vie était plus puissante, plus pleine, plus générale que le désir que j'en pouvais avoir.
C'était une force semblable à celle de mon ancienne aspiration à la vie; seulement elle se produisait en sens inverse.
J'aspirais de toutes mes forces à me défaire de la vie.
L'idée du suicide me vint tout aussi naturellement que précédemment les idées de l'amélioration de la vie.