On lui dit qu'on le déposera dans la terre.
—Pourquoi?
—Parce qu'il sera sûr qu'il ne sera plus jamais vivant et il ne sortira de lui que vers et puanteur.
—Et c'est le partage de tous les hommes? Sera-ce la même chose avec moi? M'enterrera-t-on et n'y aura-t-il de moi que la puanteur et des vers qui me mangeront!
—Oui.
—Arrière! je ne vais pas me promener et je n'irai plus jamais.
Et Çakia Mouni ne peut trouver de consolation dans la vie et il décide que la vie est un énorme mal. Il emploie toutes les forces de son âme à s'en libérer et à en libérer les autres, de telle sorte qu'après la mort la vie ne se renouvelât pas de quelque manière que ce fût, pour exterminer la vie dans sa racine même.
Voilà ce que proclame la sagesse indienne tout entière.
Voici ce que dit encore la sagesse humaine lorsqu'elle répond sans détour à la question de la vie.
«La vie du corps est un mal et un mensonge. C'est pourquoi l'abolition de cette vie du corps est un bien et pour cela nous devons le désirer,» dit Socrate.