Cependant, j'étais pleinement convaincu de l'impossibilité de prouver l'existence de Dieu.
J'avais compris avec Kant qu'on ne le peut.
Je cherchais Dieu quand même.
J'espérais le trouver et, par une vieille habitude, j'adressais pour m'y aider une prière à celui que je cherchais et ne trouvais pas.
Tantôt je répétais dans mon esprit les arguments de Kant et de Schopenhauer sur l'impossibilité de prouver l'existence de Dieu, tantôt je méditais ces arguments et les réfutais.
Je me disais:
—Si je suis, la cause de ce que je suis existe aussi, ainsi que la cause de toutes les causes. Et cette cause originale est ce qu'on appelle Dieu.
Je m'arrêtais sur cette pensée, et m'efforçais de concevoir la présence de cette cause. Du moment que je concevais qu'il y avait une force au pouvoir de laquelle je me trouvais, je sentais immédiatement la possibilité de vivre.
Mais je me demandais:
—Qu'est-ce donc que cette cause, cette force? Que dois-je penser d'elle, comment me comporter vis-à-vis de ce qu'on appelle Dieu?