Et ce n'était que des réponses connues qui me venaient dans la tête.

—Il est le Créateur, le dispensateur de tous les biens.

Ces réponses ne me contentaient pas et je sentais que ce dont j'avais besoin pour la vie, se perdait en moi. Je tombais dans la terreur et je commençais à prier celui que je cherchais, l'implorant de m'aider. Plus je le priais, plus il m'était évident qu'il ne m'entendait pas et qu'il n'y avait personne à qui l'on pût s'adresser.

Et, le désespoir au cœur de ce qu'il n'y eût pas de Dieu, je disais:

—Seigneur, pardonne-moi et sauve-moi! Seigneur, enseigne-moi, mon Dieu.

Mais personne ne me faisait cette grâce et je sentais que ma vie morale s'arrêtait.

Mais revenant sans cesse à ce problème, ma conscience me disait que je ne pouvais être au monde sans une raison, un sens ou une cause; que je ne pouvais être comme le pauvre oiseau tombé du nid, auquel cependant je me comparais.

Il est là couché sur le dos et criant dans les hautes herbes, appelant sa mère parce qu'il sait que sa mère l'a porté en elle, l'a couvé, l'a chauffé, l'a nourri, l'a aimé. Où est-elle donc, cette mère?

Et, si comme l'oiseau, je suis abandonné, qui donc m'a abandonné? Je ne puis me dissimuler que quelqu'un m'a fait naître en m'aimant?