Ma seule, ma véritable croyance en ce temps-là, était ma foi dans le perfectionnement.

Mais en quoi consistait le perfectionnement et quel était son but?

Je n'aurais pu le dire.

Je tâchais de me perfectionner spirituellement. J'apprenais tout ce que je pouvais sur les horizons que m'ouvrait la vie. J'essayais de développer ma volonté. Je composais des règles que je m'efforçais de suivre; je me perfectionnais physiquement par toutes sortes d'exercices, cultivant ma force et mon adresse et m'habituant à la fatigue et à la patience par toute espèce de privations.

Toutes ces réformes, je les prenais pour du perfectionnement.

Le commencement de tout était certainement le perfectionnement moral; mais bientôt cela se changea en perfectionnement général, c'est-à-dire en désir d'être meilleur, non pas à mes propres yeux ou à ceux de Dieu, mais en désir d'être meilleur aux yeux des autres hommes. Et bientôt cette tendance se modifia en désir d'être plus fort que les autres hommes, c'est-à-dire plus célèbre et plus riche que les autres.

[1] Diminutif caressant pour Voldémar.