Au quartier-général de Valence, le 16 avril 1814.
([d]) À Orgon. Dans l'itinéraire de Buonaparte, qui a été publié en 1814, on cite une lettre particulière où il est dit: «On brûle en sa présence son effigie, on lui en présente d'autres qui ont le sein déchiré et qui sont teintes de sang.» D'après les observations faites à nous-mêmes par le comte Waldbourg-Truchsess, nous pouvons assurer que ce fait est controuvé, ainsi qu'un très-grand nombre d'autres qu'il serait trop long de rapporter.
([e]) Le nouveau pavillon de l'île, adopté par Napoléon, fut arboré, ce qui fut constaté par le procès-verbal suivant:
«Cejourd'hui 4 mai 1814, S. M. l'empereur Napoléon, ayant pris possession de l'île d'Elbe, le général Drouot, gouverneur de l'île au nom de l'Empereur, a fait arborer, sur les forts, le pavillon de l'île, fond blanc, traversé diagonalement d'une bande rouge semée de trois abeilles fond d'or. Ce pavillon a été salué par les batteries des forts de la côte, de la frégate anglaise l'Undounted, et des bâtimens de guerre français, qui se trouvaient dans le port. En foi de quoi, nous, commissaires des puissances alliées, avons signé le procès-verbal avec le général Drouot, gouverneur de l'île, et le général Dalesme, commandant supérieur de l'île.
»Fait à Porto-Ferrajo, le 4 mai 1814.»
Dans le même temps, le général Dalesme fit afficher la proclamation suivante:
«Habitans de l'île d'Elbe,
»Les vicissitudes humaines ont conduit au milieu de vous l'empereur Napoléon, et son choix vous le donne pour souverain. Avant d'entrer dans vos murs, votre auguste et nouveau monarque m'a adressé les paroles suivantes que je m'empresse de vous faire connaître, parce qu'elles sont le gage de votre bonheur à venir:
Général! j'ai sacrifié mes droits aux intérêts de la patrie, et je me suis réservé la souveraineté et propriété de l'île d'Elbe, ce qui a été consenti par toutes les puissances. Veuillez faire connaître ce nouvel état de choses aux habitans, et le choix que j'ai fait de leur île pour mon séjour, en considération de la douceur de leurs moeurs et de leur climat. Dites-leur qu'ils seront l'objet constant de mes plus vifs intérêts!