CASSIE.

Ne differe donc plus brave & sage Pindare,
Il a rougi du sang du Tyran des Romains,
Lors que dans le Senat il mourut par nos mains.

PINDARE.

Puis que dans ce dessein vostre ame est obstinée,
Et que je dois ceder à cette Destinée,
Ce coup en vous perçant me va percer le coeur.

CASSIE.

Adieu, ne suy jamais le party du vainqueur.

PINDARE.

Que dois-je devenir apres une avanture,
Dont l'effroyable objet fait trembler la Nature?
Faut-il que ce poignard apres un tel forfait
Laisse encore durer le meurtrier qui l'a fait?
Ouy, qu'il vive l'ingrat, puis qu'une mort soudaine
Pour expier son crime auroit trop peu de peine,
Qu'il vive, mais vivant que ses cuisans remorts
L'exposent tous les jours à de nouvelles morts.

DEMETRIE.

Je veux ceder au temps, & tarissant mes larmes
Porter aux ennemis ces malheureuses armes,
Peut-estre cét objet disposera leurs coeurs
A n'user pas sur moy du pouvoir des vainqueurs.