Les jours suivants, nous voyageâmes, Pablo Canouris et moi.
Il m'emmena en Allemagne et, pendant quelques jours, parut soucieux.
Je respectais sa douleur et sans plus songer au rapt le louais silencieusement d'essayer par l'absence d'oublier cette Maud qui l'enfiévrait jusqu'au désir de la mort.
Un matin, dans Cologne, au milieu de la Hohenstrasse, Canouris me montra une jeune fille qui, un rouleau de musique à la main, marchait à côté de sa gouvernante.
Un laquais, vêtu d'une livrée de bon goût, marchait à dix pas derrière les deux femmes.
La jeune fille pouvait avoir dix-sept ans. Deux nattes lui tombaient dans le dos.
Fille de patriciens colonais, elle semblait gaie comme on ne l'est en Prusse que dans la ville des rois Mages.
—Suivez-moi, me dit tout à coup l'Albanais.
Il se mit à courir, dépassa le laquais et, arrivé près de la jeune fille, lui jeta un bras autour de la taille et la souleva en courant plus fort.
Je courais plein d'inquiétude sur les traces de mon ami.