—Cette femme, me dit-il, n'est point ma femme. Je l'aime, c'est vrai, mais d'un amour qu'une épouse détruirait en moi.
—Je ne comprends pas, m'écriai-je, expliquez-vous?
Il sourit et continua:
—Les races des Balkans et des monts qui sont aux bords de l'Adriatique pratiquaient autréfois le rapt, et cette coutoume sourvit dans diverses localités.
«Ne nous appartient réellement que la femme que l'on a prise, celle que l'on a domptée.
«Sans rapt, point de mariage heureux.
«J'ai fait la cour à Maud. C'est elle qui m'a pris.
«Elle est libre et je veux reconquérir ma liberté.»
—Et comment cela? lui demandai-je, étonné.
—Le rapt! dit-il, avec un calme et une noblesse qui m'en imposèrent.