«Vous marchandez trop et cependant je n'étrangle pas les clients. Je rabats autant que je peux. Il faut que tout le monde soit content. Je ne suis pas un mauvais diable!»
«En ce cas, dit Liseux, je vous vends mon âme contre votre livre.»
Mais il finit par payer le volume avec une monnaie ayant cours.
Son imprimeur Motteroz le poursuivait parce qu'il lui devait de l'argent:
«Motteroz se fâche tout rouge, disait Liseux, c'est la folie des grandeurs; voilà qu'il voudrait se faire passer pour le Cardinal.»
Un auteur lui proposait un manuscrit dont il ne voulut point.
«Les Estienne ou les Elzevier eussent-ils imprimé votre livre? demanda Liseux... Non! n'est-ce pas?... Au revoir. Monsieur.»
Une dame vint lui offrir un ouvrage de sa façon sur la Hollande: «On dirait aussitôt que ce sont les Pays-Bas bleus, dit en souriant Liseux. Et vous n'y pensez pas. Madame, votre livre aurait l'air d'une supercherie. »
On lui demandait quelles étaient ses opinions politiques:
«Je suis républicain, répondit-il, mais de la république des lettres.»