À Maurice Raynal

LES SOUVENIRS BAVARDS

Lorsque je fus à Londres, je pris pension dans un boarding-house qui m'avait été recommandé et l'on me donna une chambre confortable où je dormis très bien.

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Le lendemain, je fus réveillé de bonne heure par le bruit d'une conversation qui avait lieu dans la chambre voisine.

Je comprenais bien ce qui s'y disait, en anglais d'Amérique prononcé avec le mol accent de l'Ouest. Le dialogue avait lieu entre un homme et une femme qui parlaient passionnément.

—Olly, pourquoi être partie sans me prévenir: pourquoi, pourquoi?

—Pourquoi, Chislam? Parce que mon amour pour vous eût entravé ma liberté et qu'elle m'est plus chère que l'amour.

—Ainsi, blonde Olly, vous m'aimiez et cet amour est cause que je vous ai perdue?