«Donnerkeil! sacrés cochons... un banc de cassé.»

Et il se précipita sa serviette sous le bras en appelant les garçons:

—Franz! Jacob! Ludwig! Martin! pendant que les consommateurs appelaient le gérant:

—Ober! Ober!

Cependant, l'Oberkellner et les garçons ne revenaient pas. Les buveurs se pressaient aux comptoirs où l'on prend sa chope soi-même, mais les tonneaux ne se vidaient plus, on n'entendait plus de minute en minute les coups sonores annonçant la mise en perce d'un nouveau fût. Les chants s'étaient arrêtés, des buveurs en colère proféraient des injures contre les brasseurs et contre la bière de mars même. D'autres profitaient de l'entr'acte et vomissaient avec de violents efforts, les yeux hors de la tête; leurs voisins les encourageaient avec un sérieux imperturbable. Hannès Irlbeck qui s'était relevé non sans peine, renifla en murmurant:

«Il n'y a plus de bière à Munich!»

Et il répéta, avec l'accent de sa ville natale: «Minchen! Minchen! Minchen!»

Après avoir levé les yeux au ciel, il se précipita vers un marchand de volailles et lui ayant commandé de rôtir une oie, se mit à formuler des souhaits:

«Plus de bière à Munich... s'il y avait seulement des radis blancs!»

Et il répéta longtemps le terme munichois