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Quant au jeune enfant, que son père, dans un élan de ce lyrisme qui lui était particulier avait nommé une fois pour toutes Croniamantal, il fut recueilli par le voyageur hollandais qui l'emporta bientôt pour l'élever comme son propre fils.

Le jour où ils partirent, Mia vendit sa virginité à un champion millionnaire du tir aux pigeons, et c'était la trente-cinquième fois qu'elle se livrait à cette petite opération commerciale.


[IX]

Pédagogie

Le Hollandais qui se nommait Janssen emmena Croniamantal aux environs d'Aix, dans une maison que les gens du voisinage appelaient le Château. Le Château n'avait de seigneurial que le nom et n'était qu'une vaste demeure à laquelle tenaient une laiterie et une écurie.

M. Janssen possédait une modeste aisance et vivait seul dans cette demeure qu'il avait achetée pour y vivre à l'écart, des fiançailles brusquement rompues l'ayant rendu un peu hypocondre. Il la consacrait maintenant à y tenter l'éducation du fils de Macarée et de Viersélin Tigoboth: Croniamantal, héritier du vieux nom des Ygrées.

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Le Hollandais Janssen avait beaucoup voyagé. Il parlait toutes les langues d'Europe, l'Arabe, le Turc sans compter l'Hébreu et les autres langues mortes. Son langage était clair comme ses yeux bleus. Il avait vite eu pour amis quelques humanistes d'Aix qu'il allait visiter parfois et il correspondait avec beaucoup de savants étrangers.