—Je n'y manquerai pas, dit Paponat. À-t-on jamais vu ça, poète! c'est bon pour Croniamantal.
—J'espère bien, dit Tristouse, qu'on va le massacrer à Brünn, où il pensait nous trouver.
—Mais justement le voilà, dit doucement Paponat. Il est dans la foule. Il se cache, il ne nous a pas vus.
—Je voudrais qu'on le massacrât sans tarder, dit Tristouse avec un soupir. J'ai idée que cela ne tardera pas.
—Regardez, dit Paponat, voici venir le héros.
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Le cortège qui amenait Tograth étant arrivé devant l'hôtel, on déposa l'agronome sur le sol. Tograth se tourna vers la foule et lui parla:
«Marseillais, je pourrais, pour vous remercier, employer des paroles plus grosses que votre célèbre sardine. Je pourrais faire un long discours. Mais ces paroles ne seraient jamais proportionnées à la magnificence de la réception que vous m'aviez réservée. Je sais qu'il y a parmi vous des maux que je puis soulager grâce à la science, non pas seulement la mienne, mais celle que les savants ont accumulée depuis des millénaires. Qu'on amène les malades, je veux les guérir.»
Un homme dont le crâne était chauve comme celui d'un habitant de Mycone cria:
«Tograth! divinité humaine, savantissime tout-puissant, donne-moi une chevelure luxuriante.»