Marchez sur la pointe des pieds
Pour ne pas troubler le bon sommeil
Ensuite elle revint à Paris avec Paponat qui l'abandonna quelques jours après pour un mannequin des Champs-Élysées.
Tristouse ne le regretta pas longtemps. Elle prit le deuil de Croniamantal et monta à Montmartre, chez l'oiseau du Bénin, qui commença par lui faire la cour, et après qu'il en eût eu ce qu'il voulait, ils se mirent à parler de Croniamantal.
—Il faut que je lui fasse une statue, dit l'oiseau du Bénin. Car je ne suis pas seulement peintre, mais aussi sculpteur.
—C'est ça, dit Tristouse, il faut lui élever une statue.
—Où ça? demanda l'oiseau du Bénin; le gouvernement ne nous accordera pas d'emplacement. Les temps sont mauvais pour les poètes.
—On le dit, répliqua Tristouse, mais ce n'est peut-être pas vrai. Que pensez-vous du bois de Meudon, monsieur l'oiseau du Bénin?
—J'y avais bien pensé, mais je n'osais le dire. Va pour le bois de Meudon.
—Une statue en quoi? demanda Tristouse. En marbre? En bronze?
—Non, c'est trop vieux, répondit l'oiseau du Bénin, il faut que je lui sculpte une profonde statue en rien, comme la poésie et comme la gloire.