«Tout à coup, on frappa violemment à la porte dont des voix avinées réclamaient l'ouverture:

«—Ce sont, dit mon père, de joyeux compagnons de Carnaval qui viennent faire une farce, boire à nos frais, nous intriguer, puis partir ailleurs faire de même. C'est Carnaval, il faut qu'on s'amuse.

«Et il alla ouvrir: une troupe de masques envahit l'appartement. L'un d'eux était porté par quatre de ses compagnons. Il y avait un arlequin, un paillasse, une cuisinière française, deux polichinelles, etc. Le costume de celui qu'on portait était mi-partie rouge et noir, son masque était barbu, j'eus peur et me mis à pleurer, tandis que les masques chantaient et que ma mère cherchait trois fiasques de vin. Car il n'y en avait pas sur la table, parce qu'on ne boit que de l'eau en mangeant les macaronis.

«Lorsque le vin fut là, un des porteurs cria:

«—Eh! l'homme saoul. Eh! le dormeur. Eh! l'ivre-mort. Voici du vin. Tiens-toi debout tout seul.

«Un autre porteur ajouta:

«—Ah! j'en ai assez, on va le poser sur la table. Notre ami ne peut pas boire un litre sans tomber ivre, ivre-mort...

«Ma mère avait prestement débarrassé la table. On y déposa le masque endormi. Puis, tous burent bruyamment.

«—À ta santé! dit l'un en s'adressant au dormeur, et dorénavant, supporte mieux le vin!

«Un autre lui jeta un verre plein en ricanant: