Doña Teresa avait sous le sein gauche un signe de beauté. Ce fut une immense faveur que requit Don Juan de se le faire montrer avant qu'elle ne lui appartînt. En ces temps, il comparait le signe tantôt à une violette, tantôt à une anémone, tantôt à la fleur de l'alfale. Tandis que sa petite maîtresse se dévêtait et avant qu'elle se rhabillât, Juan ne manquait point d'embrasser à maintes reprises amoureusement le signe.
«C'est une singulière tache noire que vous avez là, lui disait-il maintenant... Parbleu! Cela ressemble à une couenne de lard... Le Diable emporte ce nègre!»
Puis il s'enquit d'un médecin pour le faire disparaître. À quoi Teresa répondit en pleurant qu'il n'y avait pas un seul homme, excepté lui, qui eût vu cette tache, et que sa nourrice lui avait dit que de tels signes portaient bonheur...
«Je crois plutôt que c'est un signe de réprobation», reprit Juan avec un rire qui lui fit peur à lui-même.
«J'ai bien envie, dit un matin Garcia à Juan, d'envoyer ma princesse à tous les diables!
—La Fausta est une jolie personne, au teint si clair...
—Ses cuisses en effet sont d'une blancheur de cygne. Mais les ai-je trop contemplées? Cette fille-là n'a pas de couleur. Auprès de sa sœur, elle semble fade... C'est vous qui êtes bien heureux.
—La petite est assez gentille, mais si enfant!
—Une femme est comme un cheval, Don Juan, il faut la savoir dresser.